La Promesse de l’Aube

Ce soir, Charlotte Gainsbourg remportera peut-être le César de la meilleure actrice pour sa sublime performance d’une mère qui a tout sacrifié pour son fils, qui l’a soutenu jusqu’au bout, jusqu’au sacrifice, pour lui offrir un avenir exceptionnel. Quel que soit le résultat, le film « La Promesse de l’Aube » d’Eric Barbier, sorti sur nos écrans en décembre dernier, est un hymne à l’amour filial, et aux rêves de grandeur et de reconnaissance. Le récit autobiographique d’un auteur illustre, Romain Gary (de son vrai nom Kacew), qui a tout fait pour répondre aux ambitions de celle qui l’a élevé et l’a porté, pendant toute sa vie, pour faire de lui un homme extraordinaire.  Et avec ses Prix Goncourt et sa Légion d’Honneur (entre autres), ce fils lui a montré qu’il était digne de ses exigences de mère et de femme.

Quand on parle de « La Promesse de l’Aube », difficile de ne pas revenir sur son titre, magnifiquement résumé par l’auteur lui-même : « Ce fut seulement aux abords de la quarantaine que je commençais à comprendre. Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est réellement arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. […] Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’a la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont que des condoléances. […] Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu ».

« La Promesse de l’Aube », je l’avais découvert en prépa, et déjà j’avais été emportée par la plume de Romain Gary. La sortie du film m’a donné envie de me replonger dans ce récit. A la voix de l’auteur se superpose celle de l’acteur (magnifique Pierre Niney, que j’admire depuis des années), tant le film reprend des passages marquants du roman, mais aussi des extraits de ce dernier, sous la voix off de Niney. En effet, la plume est d’une beauté et d’une poésie absolues. Les mots glissent avec une telle fluidité, et un tel amour pour cette mère, Nina, que cela en est bouleversant. On sent tout cet amour et même cette dévotion d’un fils pour sa mère. On perçoit tout le caractère, à la fois excentrique et bienveillant de cette dernière, toute l’énergie qu’elle a déployée toute sa vie pour qu’il donne le meilleur de lui-même (quand elle lui dit qu’il doit la défendre, quitte à rentrer à la maison sur un brancard, cela en est tragique). Gary raconte tout, dans un ton à la fois poétique et nostalgique, passant du tragique au comique avec une facilité déconcertante. La mère et le fils sont tellement unis, tellement avides d’offrir le meilleur l’un à l’autre que l’on ne peut que leur pardonner leurs maladresses. Il y a un amour indéfectible entre les deux, une de ces relations si profondes qu’elle ferait se déplacer des montagnes. C’est à la fois pur et fort, avec cette humanité si singulière (Gary n’hésite pas à mettre à jour ses faiblesses) que l’on ne peut qu’être subjugué par ce roman. Et continuer à le découvrir, inlassablement :)

« La Promesse de l’Aube » de Romain Gary est disponible aux éditions Folio.
456 pages. Edition de décembre 2017.

3 réflexions sur “La Promesse de l’Aube

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