Les deux vies de Romy Schneider

En mai 1982, l’actrice autrichienne Romy Schneider succombe à une crise cardiaque à son domicile parisien. Elle a 43 ans. Elle n’aura survécu que 10 mois à son fils David, mort lors d’un tragique accident à l’âge de 14 ans. Certains diront que le cœur de Romy Schneider a lâché après avoir tant souffert. Trente ans après sa mort, Bernard Pascuito rend hommage à l’actrice en revenant sur sa vie. Celle d’avant et celle d’après la disparition de son fils. En alternant ces deux « moments » (un chapitre « d’après », suivi d’un chapitre « d’avant »), Pascuito fait des ponts. Et montre que la souffrance aura été une part prégnante dans la vie de l’actrice. Il y a la perte du fils. Mais il y aura eu aussi avant la perte des parents, deux comédiens jamais présents et qui finiront par divorcer. La perte de l’homme aimé, Alain Delon, qui l’aime mais qui la quitte. Les déceptions amoureuses seront nombreuses dans la vie de l’actrice. Il y a aussi la perte financière avec une Romy Schneider qui subventionne les divorces, vit au dessus de ses moyens, est rattrapée par le fisc. Et il y a la perte d’elle-même, la chute dans l’alcool, la peur du regard des autres, la peur de ne pas être à la hauteur.

Et pourtant, l’actrice illumine les écrans, qu’importe les films dans lesquels elle apparait. Son talent est salué par tous. Les critiques, ses pairs (deux Césars à son actif), le public. Même quand sa vie est un nœud de souffrances infini, elle reste juste, bouleversante, vibrante dans son jeu. Qui pourrait alors croire que son comportement sur les plateaux peut parfois frôler l’incorrection ? Qui pourrait croire qu’elle n’a pas confiance dans son talent d’actrice ? Qui pourrait croire que les drames de la vie éclipsent les moments de bonheur ? Qui pourrait penser que le tournage de « La Passante du Sans-Souci », son dernier film, est le plus difficile mais celui également où toute l’équipe est soudée autour d’elle, pour la faire tenir ? Dans cette biographie, Bernard Pascuito semble au plus proche de l’actrice. Il la livre sans fard, sans retenue, mais pourtant avec une bienveillance inouïe et avec un profond respect. Pour l’actrice, mais aussi la femme. Un vibrant hommage !

« Les deux Vies de Romy Schneider » est disponible aux éditions Pocket.
288 pages. Mai 2012.

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2 réflexions sur “Les deux vies de Romy Schneider

  1. Une de mes actrices préférées et ton billet est magnifique ;-) le coeur qui lâche, il était fatigué depuis longtemps en effet

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