Lady Hunt

CE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Laura Kern est hantée par le rêve d’une maison qui l’obsède, l’attire autant qu’elle la terrifie. En plus d’envahir ses nuits, le rêve porte une menace : se peut-il qu’il soit le premier symptôme du mal étrange et fatal qui frappa son père, le signe d’une malédiction familiale à laquelle elle n’échappera pas ? D’autres mystères corrompent bientôt le quotidien de la jeune femme, qui travaille pour une agence immobilière à Paris. Tandis qu’elle fait visiter un appartement, elle est témoin de l’inexplicable disparition d’un enfant… Trouvera-t-elle dans son rêve la clé de l’énigme du réel ?

Rêve ou réalité ? Cauchemar ou paranoïa ? Hélène Frappat enveloppe son récit de nombreux mystères, elle distille les indices au fur et à mesure pour son lecteur. Mais ne se dévoile pas vraiment. A ce dernier de décider ce qu’il a envie de croire. L’ensemble est comme nappé d’un voile brumeux, qui a bien du mal à se lever. On s’imagine Londres sous la bruine, Paris sous un ciel gris, la Bretagne aux prises avec un vent violent. A chaque fois, il y a ces demeures dont on sent bien qu’elles cachent des secrets enfouis depuis bien longtemps et qu’elles ne sont pas prêtes de lâcher. Il y a des personnages évanescents, dont on ne sait pas grand chose. Il y a un mystérieux mal qui rôde et qui gangrène la famille de l’héroïne. Il y a ce côté captivant, complètement incontrôlable… il n’y a qu’à se laisser guider, presque les yeux fermés.

Et il y a cette écriture poétique. Renforcée par des passages en anglais du poème « Lady of Shalott » (dont l’auteur réserve la traduction française pour l’épilogue). Cette écriture nous berce, comme les vagues qui déferlent sur la côte bretonne (en tout cas, c’est ce que je me suis imaginé). Elle nous fait oublier qu’il ne se passe pas forcément grand chose, que le voyage est plutôt intellectuel ou encore mystique. On entre en effet dans les pensées de Laura, et il y a de quoi se sentir perdu. On a l’impression que le récit nous échappe, et même à la fin, on continue encore à faire des hypothèses, on voit bien que certaines portes restent ouvertes. Et finalement, un récit aussi atypique que celui-ci, avec son petit côté gothique, a son charme. Pour peu qu’on laisse le rationnel de côté.

« Lady Hunt » d’Hélène Frappat est disponible aux éditions Babel.
320 pages. Février 2016.

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4 réflexions sur “Lady Hunt

  1. Ce titre m’a toujours troublé et j’ignorais tout de l’histoire. Donc merci pour ton billet qui confirme aussi le fait que ce roman n’est pas fait pour moi ;-)

  2. Il me tentait beaucoup, mais les avis sont assez négatifs. Il est dans ma liseuse, peut-être que je finirai par le lire (j’aime beaucoup les histoires de ce genre, dérangeants). Tu as lu « Notre château » d’Emmanuelle Regniez ?

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