Aurélien

Paris, début des années 1920. Aurélien est jeune, riche et oisif. Il enchaine les liaisons sans envie de se poser. Il navigue dans le beau monde, reste sans attache, sans contrainte. Jusqu’à jour où il rencontre Bérénice, jeune femme mariée, cousine de son ami Edmond, qui passe quelques mois à Paris. Ce n’est pas le coup de foudre, mais pourtant, le plus surprenant et inattendu se produit : Aurélien tombe amoureux.

« Aurélien », c’est une histoire d’amour. Et pourtant, elle était bien mal engagée. Difficile d’oublier la première phrase du récit : « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide ». Car Bérénice n’est pas une héroïne de roman comme les autres, et Aragon se joue des stéréotypes. Il fait de sa Bérénice une femme simple, au charme discret, qui n’est pas forcément remarquable, mais qui reste une des grandes figures de la littérature française. A première vue, Aurélien non plus n’est pas un homme auquel on pourrait s’attacher. Il est plutôt égoïste et place son plaisir et ses désirs avant toute chose. Mais l’histoire d’Aurélien et de Bérénice est de celles qui marquent. Parce que c’est une histoire d’amour contrariée. Parce qu’Aragon dépeint la passion avec infiniment de subtilité et de psychologie. Parce qu’il marie une langue sophistiquée à une langue plus brutale, aux intonations plus rudes. Il le fait avec grâce et poésie. Aragon dissèque l’amour, mais il dissèque aussi les relations entre les hommes et les femmes, les relations entre les hommes qui sont revenus de la guerre, dans un Paris qui veut oublier ses tourments.

Aragon inscrit son roman dans une époque. Aragon montre la complexité de son monde. Aragon se moque des uns et des autres pour mieux mettre en avant leurs travers. Mais Aragon sait se montrer aussi plus grave. Si je n’ai pas toujours adhéré à l’histoire de Bérénice et d’Aurélien (parce que j’ai eu du mal à croire à leur liaison et à leur amour ? Parce que je n’ai pas compris comment Bérénice a pu partir et se jeter dans les bras d’un autre de cette façon ? Parce que je ne l’ai pas reconnue quand on la retrouve vingt ans plus tard ?), je n’ai pu qu’être charmée par la langue et l’intelligence d’Aragon. Qui fait vivre ce microcosme parisien avec un mélange de cruauté, d’humour et d’amertume. Il nous embarque dans son récit, qui fourmille de détails, d’idées, de rebondissements. Mais aussi d’émotions. Qui pointent ça et là le bout de leur nez. Jusqu’à la fin, qui laisse la place aux plus cruelles désillusions.

« Aurélien » d’Aragon est disponible aux éditions Folio.
697 pages. Edition de 1986.

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4 réflexions sur “Aurélien

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