La Voleuse de Livres

Allemagne, 1939. La jeune Liesel Meminger n’a que 10 ans lorsqu’elle perd son petit frère et que sa mère la confie à un couple, les Hubermann, dans la petite ville de Molching, pour qu’ils puissent prendre soin d’elle. Au n°33 de la rue Himmel (« Ciel » en allemand) vivent Hans, peintre en bâtiment et accordéoniste optimiste, et sa femme Rosa, plus bourrue qui jure comme un charretier et qui s’occupe de la lessive et du repassage pour plusieurs familles de la ville. Liesel ne tarde pas à s’attacher à ce couple, qui le lui rend bien, et à cette petite ville, où elle trouve en Rudy Steiner, un ami fidèle. Alors que la montée du nazisme fait rage, et que la guerre se déclare, Liesel découvre le pouvoir des mots : elle croise en effet le chemin des livres, qu’elle subtilise, pour approfondir sa soif de connaissance. Mais aussi faire de la lecture de vrais moments de partage avec les siens.

Dans ce roman écrit par l’Australien Markus Zusak, l’histoire de la jeune Liesel est contée par la Mort elle-même. La Mort qui a croisé le chemin de la jeune fille à trois reprises et qui donne son point de vue pour évoquer le destin de cette dernière. Car peu nombreux sont ceux qui peuvent se targuer d’avoir échappé à la Mort plusieurs fois et qui ont ainsi éveillé son intérêt. La Mort raconte ainsi la vie des habitants de Molching, en faisant des allers et retours entre passé, présent, et futur. Car la Mort connait tout, elle sait ce qui va advenir des différents protagonistes. Des protagonistes auxquels on s’attache fortement, à commencer par Hans et Rosa, les parents adoptifs de Liesel, qui font preuve d’une humanité hors du commun. Ce couple, qui ne paie pas de mine au départ et semble s’être distribué les rôles (le gentil Papa, la méchante Maman) démontre tout au long du roman sa générosité et sa tendresse. Ils n’hésitent pas non plus à cacher dans leur sous-sol un jeune homme juif, Max, qui va devenir comme un fils pour eux, et un véritable ami pour Liesel.

Dans ce roman, destiné à la base aux adolescents, Markus Zusak écrit avec beaucoup de simplicité dans les mots mais beaucoup de profondeur dans le fond, la vie d’une petite ville allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale. S’il fait preuve de bons sentiments, Zusak sait toucher son lecteur (oui, il y a plusieurs passages où j’ai pleuré, et pourtant je savais à quoi m’attendre, ayant vu le film tiré du livre à sa sortie en 2013) et réussit à montrer la complexité de la vie et des relations à cette époque. Tout est plus ambigu et noir qu’il n’y parait au premier abord. Zusak ne cherche pas le manichéisme dans son récit, même si certaines ficelles sont un peu faciles, même si certains comportements sont un peu stéréotypés. C’est un récit intelligent qu’il propose ici à ses lecteurs. Et c’est aussi un vibrant hommage à la lecture, à la force des mots, au pouvoir de partage, de rassemblement et d’évasion de ces derniers. Mais Zusak démontre aussi leur danger : c’est par le pouvoir des mots justement que la menace et l’horreur sont entrés dans la vie et le cœur des hommes aux heures les plus sombres du XXe siècle.

« La Voleuse de Livres » de Markus Zusak est disponible aux éditions Pocket.
632 pages. Mars 2008.

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9 réflexions sur “La Voleuse de Livres

  1. Ni vu le film, ni lu le livre même si je l’ai croisé souvent et maintenant en te lisant, je me dis qu’il faut que je me rattrape ! le film ou le livre en premier ?

  2. J’avais adoré ce livre, et je n’ai pas vu le film pour conserver mes propres images. D’après mes souvenirs, les avis étaient très tranchés sur la blogosphère, soit les gens avaient adoré, soit ils avaient détesté, surtout à cause de la forme.

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