Accordez-moi cette Valse

Pendant la Première Guerre Mondiale, la jeune Alabama Beggs rencontre le lieutenant David Knight. Ce dernier tombe follement amoureux de cette belle du Sud, qu’il se promet d’épouser. Quand les deux jeunes gens convolent, David est un peintre plein d’avenir que New York s’arrache. C’est l’âge du jazz, des flappers, de la prohibition, des fêtes folles et pleines d’excès. Puis le couple part pour la France, où Alabama tombe sous le charme d’un aviateur, sur la Côte d’Azur. Les Knight partent ensuite pour Paris où Alabama se dévoue corps et âme à la danse classique… quitte à s’éloigner de son époux et de sa fille… quitte à mettre sa santé en danger.

Ecrit par Zelda Fitzgerald en quelques semaines alors qu’elle est internée en 1932, « Accordez-moi cette Valse » est un roman autobiographique à peine déguisé. Car Alabama Beggs est Zelda Fitzgerald. Et David Knight est Scott Fitzgerald. Et les faits ici suivent ceux de la réalité. La rencontre des Fitzgerald, alors que Zelda est une jeune fille de 18 ans, dont tous les hommes tombent amoureux. Leur vie à New York, où ils défraient la chronique. Leur passage par la France, sa Côte d’Azur où Zelda tombe amoureuse d’Edouard Jozan, aviateur français (dont elle minimise ici la liaison). Et pendant les deux tiers du roman, sa passion dévorante et exclusive pour la danse classique. Sa volonté de devenir ballerine et de monter sur scène est tellement grande, que Zelda Fitzgerald la décrit dans le détail…Tellement que l’on souffre pour cette femme qui sacrifie sa vie à cet art, et dont l’obsession sera le point de départ d’une profonde dépression.  Et pourtant, on ne peut aussi s’empêcher d’éprouver un certain ennui face à cette partie du récit, où il ne se passe pas grand chose.

Car finalement, ce qui intéresse davantage ici, c’est son histoire avec David Knight (ou Scott Fitzgerald), cet envers du décor de leur relation. Où c’est elle, qui pour une fois, prend la plume et la décrit de son point de vue. Elle le fait avec beaucoup de justesse et de lucidité (et lui aussi, quand on sait qu’il a corrigé les épreuves du roman avec elle), même si la légende dit qu’elle avait écrit une première version beaucoup plus personnelle de sa vie et de son couple. Si le style est parfois un peu décousu, Zelda Fitzgerald peut proposer de belles métaphores et des descriptions pleines de finesse et d’imagination. Dommage qu’on perde parfois un peu le fil, à cause de changements de lieu où de temps qui arrivent sans crier gare et qui déstabilisent un peu le récit (Fitzgerald lui aurait demandé de supprimer de nombreux passages). Si Zelda a grandement inspiré l’œuvre de son époux, on apprécie ici davantage son récit pour son fond, autobiographique, que pour sa forme.

« Accordez-moi cette Valse » de Zelda Fitzgerald est disponible aux éditions Pavillons Poche Robert Laffont.
425 pages. Edition de janvier 2008.

Publicités

5 réflexions sur “Accordez-moi cette Valse

    • Il est intéressant quand on connait la vie des Fitzgerald et que l’on veut lire entre les lignes. Mais sinon, il y a cette impression que tout n’a pas été publié, ce qui rend l’ensemble un peu brouillon.

  1. J’avais eu un avis un peu semblable, surtout que j’ai découvert ce livre juste après « Tendre est la nuit » (même si je préfère largement « Gatsby » à ce dernier).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s