Zulu

zuluCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Enfant, Ali Neuman a fui pour échapper aux milices de l’Inkatha en guerre contre l’ANC. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’il a enduré… Devenu chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec la violence et le sida. Les choses dérapent lorsqu’on retrouve le cadavre d’une fille blanche massacrée après avoir absorbé une nouvelle drogue aux pouvoirs effrayants. Les townships – misère totale en bordure de plages idylliques – perdent leurs repères sous la pression de nouveaux arrivants. Neuman, dont la mère a été agressée, envoie en aveugle son bras droit sur une piste plus que dangereuse… Si l’apartheid a disparu, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre…

Dans ce polar sombre, violent et désabusé, Caryl Ferey tricotte une intrigue sur fond d’apartheid mal digéré et de guerre sous-jacente au sein d’un pays en reconstruction raciale et sociale. On a l’impression que l’auteur est particulièrement documenté sur l’Afrique du Sud, son contexte et son climat. Il émaille ainsi son récit de nombreuses explications pour son lecteur (pas forcément très subtilement intégrées dans les différents chapitres, mais elles ont néanmoins l’avantage d’exister). Il met également en lumière des personnages complexes et variés, dans leurs horizons et leurs personnalités. Chacun existe pleinement avec ses failles et ses forces. Aucun n’est neutre. Tous ont leur voix (et leur voie) propre. C’est une des forces du roman : celle de faire exister des hommes et des femmes d’une vraie humanité et avec beaucoup de caractère.

Et la façon dont l’intrigue est bâtie ne gâche rien : moi qui avait vu l’adaptation cinématographique à sa sortie en 2013, je me suis laissée de nouveau manipuler par le récit (je ne me rappelais pas de toute l’histoire), et Caryl Ferey sait manier ses pions avec beaucoup d’intelligence. Il n’en reste pas moins que l’ensemble est parfois difficile, car la violence est omniprésente, qu’elle soit physique ou verbale. Et il faut l’avouer, certaines scènes sont particulièrement atroces à lire, car elles sont particulièrement visuelles. Je me suis ainsi rappelée certaines scènes du film en relisant le roman. Mieux vaut avoir le coeur bien accroché. C’est donc un polar urbain et violent que propose Caryl Ferey ici. Mais il est maîtrisé, et même si certaines scènes peuvent sembler quelque peu faciles ou carrément invraissemblables (il est difficile de ne pas en avoir dans des romans policiers), cela ne gâche pas l’ensemble. Qui est bien plus profond et complexe que ce que proposent de nombreux polars.

« Zulu » de Caryl Fery est disponible aux éditions Folio.
464 pages. Avril 2010.

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5 réflexions sur “Zulu

  1. Je ne suis généralement pas fana de polars mais celui-ci m’a laissé un souvenir très prégnant. Au-delà de l’intrigue elle-même (certaines scènes sont à la limite du soutenable), j’ai vraiment aimé tout le contexte politique et sociétal de l’Afrique du Sud. Pour cette raison, je n’ai pas osé voir le film de peur d’être déçu.

    • Oui le livre est très intéressant pour le contexte. Après je trouve que le film est plutôt bien fait et fidèle à l’ambiance. Je pense que tu peux te laisser tenter (si tu as le cœur bien accroché ;)

  2. Vu le film plusieurs fois (enfin deux) très fort. J’ai lu d’autres livres de Ferey (la violence est omniprésente) mais oui lire le livre est une bonne idée. Plein de scènes et la fin me reviennent en te lisant !

      • J’ai juste lu sa saga Maorie (sortie en deux tomes mais j’ai acheté les deux en un seul volume) le nom m’échappe ! Mais tu devrais trouver. Où est-ce Maori ?!

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