L’infinie Patience des Oiseaux

Queensland, Australie, 1914. Ashley Crowther n’a que 23 ans quand il revient au pays après ses études en Angleterre. Il doit s’occuper de la vaste propriété de son père, qui abrite toutes sortes d’oiseaux. C’est là qu’il rencontre Jim Saddler, jeune homme passionné par les oiseaux et dont les connaissances sont encyclopédiques. Ashley l’engage rapidement pour créer un sanctuaire dédié aux oiseaux et répertorier leur comportement. Lorsque la guerre éclate, leur projet est mis entre parenthèses. Les deux hommes s’engagent et s’embarquent pour la France. Dans des régiments différents et à des postes qui reflètent aussi leur position sociale.

« L’infinie Patience des Oiseaux » a été rédigé il y a 40 ans et est publié pour la première fois en France aujourd’hui. C’est un roman qui possède à la fois la délicatesse et la beauté de ses descriptions, malgré les sujets qu’il évoque. Car la cruauté et la violence de la guerre, sont omniprésents dans ce récit. Et pourtant, David Malouf réussit à donner à son roman une poésie et une humanité absolues. J’avais découvert la plume de l’auteur dans « Une Rançon » où il racontait un épisode de la guerre de Troie : celui où le roi Priam se rend dans le camp adverse pour réclamer le corps de son fils Hector, tué au combat par Achille. Là aussi, il faisait toute la preuve de son talent pour mettre en lumière des personnages réalistes et touchants.

Dans « L’infinie Patience des Oiseaux », il sépare son récit en deux parties. La première, posée et plutôt contemplative, met en avant une amitié silencieuse entre deux hommes issus de milieux différents, et qu’une passion commune rapproche. Dans la seconde, à la frénésie des jeunes gens qui s’engagent pour leur patrie, fiers et optimistes, il oppose la réalité des combats et l’horreur de la guerre. Son roman se transforme alors pour suivre le parcours de ces hommes à peine sortis de l’enfance pour découvrir ce que l’homme peut faire de pire. Il embrase le destin de ces Australiens, partis défendre leurs alliés et qui se retrouvent dans un pays dévasté, à deux vitesses, où ils sont parachutés et doivent se battre pour leur survie. Ce roman se lit d’une traite, tant il est puissant et magnifiquement rédigé. Merci encore à Valérie pour ce joli cadeau, car la plume de David Malouf est d’une grande beauté, et son sujet d’une profondeur et d’une humanité intemporelles.

« L’infinie Patience des Oiseaux »  de David Malouf est disponible aux éditions Albin Michel.
217 pages. Janvier 2018.

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