Red Sparrow (Le Moineau rouge)

CE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
À l’heure où la Russie de Poutine inquiète de plus en plus les Occidentaux, la jeune Dominika est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Ancienne ballerine dont la carrière a été brisée par une chute, elle s’entraîne à utiliser ses charmes et découvre bientôt l’ampleur de son pouvoir… Jusqu’à devenir l’un des meilleurs agents. Sa première cible : un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux.

Début avril, sortait sur nos écrans « Red Sparrow » avec Jennifer Lawrence et Joel Edgerton, adaptation du roman de Jason Matthews. Après avoir lu le roman, je vous avoue que j’ai été assez déçue par le film, non seulement à cause des raccourcis pris par l’histoire et la fin, complètement différente, mais également par le côté assez froid de l’ensemble. Et puis, disons-le franchement, si Jennifer Lawrence est plutôt convaincante, elle n’a pas le souffle de la Dominika Egorova que le roman nous avait présenté. D’ailleurs, elle n’est pas franchement crédible en danseuse étoile, et la scène du Bolchoï du début me semble assez ratée, trop brute et manquant de grâce. Heureusement, elle est l’occasion de revoir le talentueux danseur ukrainien Serguei Polunin, qui s’est reconverti en acteur. Quoi qu’il en soit, il vaut mieux rester sur le récit de Jason Matthews, beaucoup plus complexe, mais aussi beaucoup plus sensuel que son voisin cinématographique. Pour ceux qui n’auront pas lu le roman, ils y verront un film d’espionnage efficace et de bonne facture. Mais son final, assez consensuel, très hollywoodien (et assez manichéen somme toute) ne milite pas en faveur du roman, beaucoup plus ambigu, et où le combat Est-Ouest se joue en pointillés.

La force du roman, c’est bien sûr son auteur : Jason Matthews a travaillé pendant une dizaine d’années pour la CIA. On peut dire qu’il en connait tous les secrets et rouages : quand il nous entraine à l’intérieur de cette institution, on sent bien la force de la réalité qui se cache derrière. Son intrigue est bien tricotée, tout est expliqué avec fluidité (et pour un roman d’espionnage, cela n’est pas forcément le plus aisé) et les personnages sont eux aussi extrêmement bien fouillés. L’ensemble est addictif, et les 600 pages se lisent toutes seules. Au début, j’ai craint que l’intrigue ne soit concentrée que sur la relation entre Dominika et Nat (l’espion de la CIA) et leur chassé croisé pour infiltrer leur organisation commune. Mais plus l’histoire avance, plus les affaires se multiplient (il est question de démasquer des taupes dans les deux camps). Et plus les ramifications se font jour, plus on apprécie ce jeu dangereux qui se dessine sur les pages. L’ensemble est empreint de tensions, de manipulations ; ça sent parfois le souffre. Pour un premier roman, Matthews tape fort. Il sera définitivement à suivre !

« Red Sparrow » est disponible aux éditions Points.
638 pages. Mars 2018.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s