Elle voulait juste marcher tout droit

En 1946, la petite Alice a 8 ans et rencontre pour la première fois Diane, sa mère, qui vient la chercher chez la nourrice qui a pris soin d’elle pendant la guerre. L’enfant part vivre à Paris et découvre peu à peu cette femme, meurtrie par les camps de concentration. Mais alors que la mère et la fille commencent à s’apprivoiser, Diane tombe gravement malade et est hospitalisée. Alice est alors envoyée à New York, chez son père. Elle cherchera à connaitre les secrets de son passé.

En refermant ce roman, je suis bien ennuyée. Je n’ai vu que des critiques élogieuses de la part des lecteurs pour ce premier roman de Sarah Barukh. Or, je dois bien l’avouer : ce récit m’a profondément agacée. Et cela me gêne, tant le sujet est grave et profond (une enfant face aux traumatismes de sa famille pendant la guerre). Mais les invraisemblances et le style ont eu raison de moi. L’auteur écrit comme si c’était la petite Alice qui s’exprimait. Il en ressort un style assez simpliste, des questionnements et des raisonnements qui sont ceux d’une enfant de 8 ans. De quoi appréhender le terrible sans vraiment le dire, mais aussi une manière de rester en surface des choses… Je suis restée un peu perplexe face à ce procédé, car je ne l’ai pas trouvé maîtrisé (d’autres se sont prêtés à l’exercice avec beaucoup plus de réussite). J’ai de loin préféré les dernières pages, où la mère d’Alice raconte son parcours dans une lettre-confession. On sent l’écriture plus aboutie, la plume pleine d’émotions, et qui capte bien davantage les complexités de l’époque et les résultantes des choix de chacun. On n’évite pas le romanesque, mais le récit y est prenant.

Autre point qui m’a perturbée dans ma lecture : les invraisemblances du récit, qui atteignent leur paroxysme lorsqu’Alice se retrouve à New York, et cherche à regagner la France. Je dois avouer que j’ai eu du mal à adhérer à cette partie, car je ne l’ai pas trouvée crédible. Alice fuit New York avec son oncle Vadim, devenu aveugle suite à un choc pendant le débarquement en Normandie. Leur folle escapade dans les environs de Boston m’a simplement donné l’illusion d’être une mauvaise blague, penchant trop souvent vers le ridicule. Les intentions de l’auteur sont sans doute louables, mais sa croyance en le genre humain frise parfois la naïveté, et les péripéties qu’elle met en scène sont d’un irréalisme confondant. Une accumulation qui m’a agacée et a scellé mon avis sur ce roman, qui était plein de promesses, mais qui ne m’a pas du tout convaincue. Au final, j’ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur ce récit, et j’ai bien l’impression d’être une des seules à le percevoir ainsi. Peut-être suis-je trop dure et trop exigeante. Mais les appréciations que j’avais lues me semblent bien surestimées et n’ont pu qu’entrainer une grande déception de ma part.

« Elle voulait juste marcher tout droit » de Sarah Barukh est disponible aux éditions Le Livre de Poche.
416 pages. Mars 2018.

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3 réflexions sur “Elle voulait juste marcher tout droit

  1. zut .. je n’avais pas entendu parler de ce roman, et comme toi j’ai beaucoup de mal avec les invraisemblances dans les romans …. j’aurais sûrement réagi comme toi mais en même temps je ne l’aurais pas aimé parce que la voix d’une enfant ne me tente pas du tout dans un roman.

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