Nebraska Song

A 17 ans, Judith a quitté la maison de sa mère pour s’installer avec son père dans le Nebraska. C’est là qu’elle a rencontré Willy Blunt, de quelques années son aîné, et dont elle tombe amoureuse. Il sera son premier amour, celui qu’elle n’oubliera jamais. Même 27 ans plus tard, alors qu’elle est mariée à Malcolm et mère d’une adolescente, Camille. Alors qu’elle vit désormais en Californie et que sa vie semble idéale, elle se prend à repenser à son passé…

Le roman de Tom McNeal est teinté de mélancolie et évoque avec beaucoup de subtilité le parcours d’une adolescente devenue adulte… et qui continue de chercher sa voie. Il oscille entre passé et présent tout au long de son récit. Dans la première partie, on navigue d’un chapitre à l’autre entre les deux époques. Dans la deuxième partie, on se concentre sur l’adolescence de Judith. Dans la troisième partie, on est ancré dans le présent. Si la première partie sert à planter le décor, les deux suivantes évoquent davantage les moments qui bouleversent tout (l’histoire d’amour de Judith avec Willy, son retour vers son amour de jeunesse). Si l’auteur prend le temps d’installer son récit, il faut avouer que le tout peut s’avérer parfois trop long. On a l’impression qu’il ne se passe pas forcément grand chose, et que les redondances sont nombreuses. On n’est pas très loin de l’ennui…

Et pourtant, il faut avouer que le roman a un certain charme, et que McNeal a une belle finesse pour décrire des relations d’adolescents, ou encore d’adultes qui sont arrivés à un point où ils ne savent plus s’ils sont faits pour rester ensemble. Il ancre son récit dans une certaine routine… comme la vie finalement. Son personnage principal, Judith, est particulièrement bien campé. On la sent en train de perdre pied, qu’elle n’est pas loin de sombrer dans la dépression. Ce que McNeal ne dit jamais mais qu’il décrit fort bien (ses migraines latentes, son manque d’envie, sa fatigue constante…). Il offre un beau portrait de femme, humain et profond. Les autres personnages ne sont pas aussi approfondis (son époux Malcolm par exemple, pour lequel il est difficile de ressentir de l’empathie), et certaines révélations sont sans surprise, mais il n’empêche que l’ensemble est plutôt convaincant. Même s’il aurait mérité d’être raccourci.

« Nebraska Song » de Tom McNeal est disponible aux éditions Pocket.
630 pages. Mars 2013.

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