La Poursuite du Bonheur

Le lendemain de l’enterrement de sa mère, Kate Malone reçoit un appel d’une vieille dame, Sara Smythe. Cette dernière souhaite lui parler de l’histoire de sa famille, elle qui a bien connu ses parents. Mais Kate se braque et ne veut rien avoir à faire avec cette étrangère. Sara lui fait alors parvenir un manuscrit… 1945, New York : la jeune Sara Smythe rencontre Jack Malone. C’est le coup de foudre. Mais le jeune homme, reporter, doit repartir pour l’Europe. Pendant 4 ans, Sara n’aura aucune nouvelle de celui dont elle est profondément tombée amoureuse. Jusqu’au jour où elle le croise par hasard dans Central Park. Une rencontre qui va bouleverser non seulement leur vie, mais celle de leurs proches.

Sur près de 800 pages, Douglas Kennedy raconte une histoire d’amour entre deux êtres, séparés par les hasards et les contraintes de la vie, mais qui bravent tout pour avoir le droit au bonheur. Sur fond de maccarthysme, de trahison, de grand courage et de lâcheté, l’auteur ancre son récit dans un moment noir de l’histoire des Etats-Unis. Une époque qui donne un contexte plus profond à cette grande fresque romanesque. Dans cette fresque, c’est le personnage de Sara qui est mis en lumière. C’est d’ailleurs elle qui raconte son histoire. Une histoire faite de désillusions, de drames familiaux, d’épreuves terribles, de petites victoires sur la vie et de belles réussites. Et d’une histoire d’amour passionnée. Où elle n’aura jamais le rôle principal. Sara est une femme à la fois forte et touchante, que l’on prend plaisir à suivre. Malgré des coups du sort dont quiconque aurait du mal à se remettre (mais grâce auxquels, bizarrement, elle construit son capital financier… Kennedy trouve des ficelles parfois faciles et étonnantes).

Autour de Sara, évolue un autre personnage attachant : son frère Eric, qui brûle la chandelle par les deux bouts et doit faire face à ses erreurs de jeunesse. C’est un homme courageux, optimiste, intelligent, qui séduit par son sens de la formule et son souci des autres. Sa relation fraternelle avec Sara est particulièrement touchante, tant ces deux-là se soutiennent avec un amour sans bornes. Bizarrement le personnage de Jack Malone, m’a moins séduite. J’ai souvent eu du mal à comprendre son attitude envers Sara ou Dorothy. Il m’a semblé moins fort que Sara et Eric, et ses choix sont souvent critiquables. Je l’ai aimé quand il a rencontré Sara, j’ai aimé son bagout et son charisme. Mais ensuite, il m’a agacée à plusieurs reprises, même s’il est loin d’être un mauvais bougre. Quant à Dorothy, elle est plutôt absente du roman, ce que j’ai trouvé dommage, car elle aurait pu apporter un autre regard à cette histoire. Il est aussi difficile pour moi de comprendre certaines de ses décisions, notamment dans la partie contemporaine du roman. Au final, on passe un agréable moment de lecture, même si Douglas Kennedy étonne parfois par les voies qu’il fait prendre à ses personnages. Heureusement, il offre à Sara de quoi rattraper certaines facilités et agacements, car elle nous embarque dans sa vie d’une jeune femme indépendante et amoureuse des années 1950.

« La Poursuite du Bonheur » de Douglas Kennedy est disponible aux éditions Pocket.
774 pages. Octobre 2010.

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