Rivière tremblante

CE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Août 1979. Michael, douze ans, disparaît dans les bois de Rivière-aux-Trembles sous les yeux de son amie Mamie Duchamp. Il semble avoir été avalé par la forêt. En dépit de recherches poussées, on ne retrouvera qu’une chaussure de sport boueuse. Trente ans plus tard, dans une ville voisine, la petite Billie Richard, qui s’apprête à fêter son neuvième anniversaire, ne rentre pas chez elle. Là encore, c’est comme si elle avait disparu de la surface de la terre. Pour son père comme pour Mamie, qui n’a jamais oublié le traumatisme de l’été 79, commence une descente dans les profondeurs du deuil impossible, de la culpabilité, de l’incompréhension. Ils ne savent pas qu’un autre drame va frapper le village de Rivière-aux-Trembles…

Quand on lit « Rivière tremblante », on ressent d’emblée que l’action se déroule au Québec. Non seulement parce que le froid, les paysages grandioses et les grands espaces nous coupent le souffle, mais aussi parce que l’on sent poindre çà et là des expressions québécoises typiques (que l’on ne comprend pas toutes, il faut bien l’avouer).

Quand on lit « Rivière tremblante », on découvre une plume, celle d’Andrée A. Michaud. Sa finesse psychologique, son amour pour ses personnages. Son analyse du deuil et de la culpabilité. Son exploration des sentiments, sa description des traumatismes. La blessure des vivants, qui ressassent le passé, à la recherche du moindre indice pouvant mener à la résolution du mystère. Qui portent sur leurs épaules tout le poids de la culpabilité, alors qu’ils n’ont rien à se reprocher.

Quand on lit « Rivière tremblante », on découvre deux âmes perdues, deux âmes blessées : Marnie et Bill. Ils se renvoient la narration un chapitre après l’autre. Ils vont au plus profond d’eux-mêmes et de leurs sentiments. Ils sont touchants, énormément cabossés par la vie et la haine des autres, qui jugent sans savoir. Ils sont tous les deux seuls dans leurs souffrances. Isolés, ayant perdus leurs repères, ils avancent à tâtons, cherchant à s’en sortir, mais sans cesse repoussés vers le fond par leurs souvenirs et la méfiance générale.

Quand on lit « Rivière tremblante », on laisse le temps suspendu. Il ne faut pas s’attendre à des rebondissements dans tous les sens, à des actions en cascade. Il faut être patient car l’ensemble s’installe et se déroule avec une certaine langueur. Il s’agit davantage d’un roman psychologique sur le deuil et la culpabilité qu’un véritable polar. De tension, il n’en est quasiment pas question. Alors bien sûr, le propos est profond et touchant. Mais l’ensemble laisse toutefois au lecteur le temps de s’ennuyer. Et à la fin, Andrée Michaud nous abandonne même avec une certaine frustration. Car il ne faut pas trop compter sur la résolution des mystères, tant l’essentiel semble ailleurs. Mais pour un polar, cela nous laisse toutefois sur notre faim.

« Rivière tremblante » d’Andrée A. Michaud est disponible aux éditions Rivages / Noir.
363 pages. Septembre 2018.

« Rivière tremblante » fait partie de la Sélection d’Octobre du Grand Prix des Lectrices ELLE 2019.

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