L’Ecart

CE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
L’Écart raconte la vie d’une femme, son combat contre l’alcool et la joie que procure la communion avec la nature écossaise des îles d’Orkney. Grande, fine, intrépide et avide de passion, elle vacille, tel un petit navire dans la tempête, elle hésite entre deux destins : Se laisser emporter vers le Sud, vers ce Londres qui brille, dans la nuit violente qui fait oublier le jour où l’on est trop seul, où tout est trop cher, où le travail manque. Ou se fracasser contre les falaises de l’île natale, dans cet archipel des Orcades battu des vents dont la vie rude lui semble vide et lui fait peur. Elle l’ignore encore mais il existe une troisième voie : écouter résonner l’appel qui la hante, qui vient toucher cette part d’elle assoiffée de grand large, de grand air, de grande beauté. Non pas rester mais revenir. Choisir. Troquer la bouteille assassine contre une thermos de café fort, troquer l’observation narquoise et éperdue de la faune des nuits de fêtes tristes pour la contemplation des étoiles et des nuages, et l’inventaire des derniers spécimens de râle des genêts, un oiseau nocturne comme elle, menacé comme elle, farouche comme elle. Sa voie s’appelle l’Écart. C’est l’humble nom d’une bande côtière où les animaux sauvages et domestiques peuvent se côtoyer loin des regards.

Amy Liptrot, dans son premier roman, raconte sa propre histoire et son combat contre l’alcool. Avec beaucoup d’humilité, elle ne cache rien de sa déchéance, de ses frasques, de son mal-être, de son comportement envers sa famille, ses amis, son conjoint. Mais jamais elle ne sombre dans le sordide ou le larmoyant. Elle se livre avec une certaine pudeur, et un style à la fois poétique et mélancolique, empreint d’une belle dose d’espoir. A son expérience, elle superpose son enfance et son retour aux Orcades, ces îles sauvages au nord de l’Ecosse. C’est loin de tout, au plus proche de la nature qu’elle va apprendre à se reconstruire et à reprendre la maitrise d’elle-même. Son récit est doux amer, on ressent une certaine solitude et en même temps un accompagnement de ceux qui ne l’ont pas abandonnée, au contraire de ses pseudo-amis londoniens, bien trop branchés, superficiels et égocentriques pour se soucier d’elle.

Si le récit est profond et semble agir comme un catharsis, je n’ai malheureusement jamais vraiment réussi à entrer dedans. Je suis restée en retrait, souvent à m’ennuyer devant les longues descriptions de la nature (et pourtant j’adore les paysages sauvages fouettés par le vent), ou perdue entre les différents les aller-retours temporels et géographiques. J’ai eu aussi du mal à m’attacher au personnage principal, qui m’a semblé éloigné de nous. Comme si l’auteur souhaitait mettre un peu de distance avec ses lecteurs pour garder le contrôle et se dévoiler avec mesure. Ceux qui la côtoient sont rapidement effleurés, comme des ombres qui la soutiennent ou qui lui font prendre conscience des profondeurs qu’elle a atteintes. Malheureusement, même si j’en perçois toutes les qualités, je suis passée à côté de ce roman.

« L’Ecart » d’Amy Liptrot est disponible aux éditions Globe.
336 pages. Août 2018.

«L’Ecart» est le roman que j’ai reçu de Rakuten à l’occasion des Matchs de la Rentrée Littéraire :) #MRL18 #Rakuten

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3 réflexions sur “L’Ecart

  1. tu es l’une des rares à ne pas avoir été totalement emballée – je n’étais pas très attirée et ton billet me dit que j’ai eu raison

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