Magnus

magnusQui est Magnus ? Ce petit ours en peluche, à l’oreille roussie, qui accompagne son propriétaire entre l’Allemagne, l’Angleterre et les Etats Unis. Ou bien  Magnus, est-il son propriétaire lui-même ? Un homme à la mémoire défaillante, pour qui la vie a démarré à ses 5 ans, lorsqu’il a du fuir avec ses parents dans l’Allemagne d’après guerre. Un homme qui va se chercher, découvrir qui il est vraiment, à travers différentes époques. Oui, qui est Magnus finalement ?

« Magnus » est un roman aux allures de conte, au langage poétique, fait d’ellipses et de sensibilité, qui suit un homme à travers sa quête d’identité. Un homme touchant, qui se construit en partant à la recherche de son passé. Car qui est vraiment cet enfant dont les parents, nazis notoires, ont fui Berlin pour se cacher ? Puis qui l’ont abandonné auprès de son oncle Lothar en Angleterre ? Avec pour seul repère, ce petit ours en peluche, au petit foulard brodé qui garantit son identité. Magnus, comme les seules lettres auxquelles il peut se raccrocher. Comme les six lettres synonymes d’un mystère qui lui reste à éclaircir. Un mystère qu’il consacrera sa vie à élucider, mais dont les réponses restent toujours latentes à la fin du récit. Car comment se construire face à une ascendance qui a commis les pires crimes ? Comment exister quand les gens qui comptent le plus disparaissent douloureusement ?

Ce qui est mis en avant ici, c’est le voyage intime réalisé par cet homme. A travers ses différentes rencontres et relations, il va se construire peu à peu, mais aussi sombrer davantage dans les secrets de sa naissance. Des révélations par petites touches subtiles, qui montrent au lecteur toute la complexité de l’homme et que Sylvie Germain manie avec talent pour faire avancer son roman, avec tranquillité et intelligence. Un roman au style magnifique, servi avec beaucoup d’humilité. Un roman silencieux, mais ô combien touchant, cruel, mais aussi lumineux. Un roman qu’il est difficile de lâcher avant la fin. Seul bémol : cette conclusion plus mystique, auprès d’un vieil homme, Frère Jean, qui semble moins bien s’imbriquer au reste du récit. Mais pour le reste, c’est une très belle réussite, toute en nuances et en poésie. Un grand merci à Valérie pour cette belle découverte !

« Magnus » de Sylvie Germain est disponible aux éditions Albin Michel.
276 pages. Août 2005.

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