Des Livres et une Rolls

« Des Livres et une Rolls », voici ce que Francis Scott Fitzgerald voudrait s’offrir avec ses cachets d’écrivain quand on lui pose la question en 1920. Il a 24 ans, son premier roman « L’Envers du Paradis » vient tout juste d’être publié. Le jeune homme y décrit sa génération appartenant au « Jazz Age » et y invente la mode des Flappers (ces jeunes filles garçonnes qui aiment faire la fête et balaient les conventions sociales). Il a alors un côté un peu insouciant, sûr de lui et du destin qui l’attend. Il a parfois des propos quelque peu arrogants. Il est enthousiaste, lui qui vient juste d’épouser sa belle du Sud, Zelda Sayre. C’est le début de la notoriété, et quelle notoriété ! Il virevolte, s’amuse, se montre espiègle, mais son intelligence, son talent font déjà mouche. Même si certains critiques lui reprochent certaines incohérences ou une propension à s’éparpiller. D’autres le qualifient déjà de prodige. Quoi qu’il en soit, le potentiel est là et qu’un brillant avenir lui est promis.

Dans ces 17 articles, publiés par la presse américaine entre 1920 et 1936, on voit l’envers du décor. On y découvre Fitzgerald, ses petites manies, ses réflexions, son attitude. On y voit le regard que lui portent les journalistes. Il y a ceux qui succombent à sa beauté et à son caractère, plus tard ceux qui se moquent de son alcoolisme grandissant (une journaliste ira même jusqu’à écrire « Francis Scotch Fitzgerald »). Si les interviews sont plus nombreuses au début de sa carrière, elles ont également tendance à raconter la même chose. Il y a donc un petit effet redondant dans ce recueil. Mais il y a aussi de nombreuses anecdotes qui montrent le côté méconnu et fantaisiste de Fitzgerald. Comme celle où, accompagné d’un journaliste, il marche dans la rue en fermant les yeux, pour mieux comprendre ce que vit au quotidien un malvoyant. Il y a l’anecdote touchante (et qui explique tellement de choses sur la place qu’il veut prendre dans le monde) où il se retrouve seul pour l’anniversaire de ses 6 ans car la pluie a découragé tous ses petits camarades de venir. On y croise Zelda, sa fille Scottie, on y croise l’auteur à New York, de retour de la Riviera, en exil à Hollywood. On le retrouve jeune et insouciant, plus âgé et désabusé. On y perçoit la grandeur et la décadence de la vie de Fitzgerald. On entre un peu plus dans son univers, et c’est toujours un délice.

« Des Livres et une Rolls » de Francis Scott Fitzgerald est disponible aux éditions Grasset.
216 pages. Janvier 2016.

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2 réflexions sur “Des Livres et une Rolls

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