Dans le Faisceau des Vivants

Ecrivain elle-même, Valérie Zenatti est aussi connue pour être la traductrice des romans d’Aharon Appelfeld depuis 15 ans. Le lien entre l’écrivain et la traductrice est profond, empreint de sincérité et de complicité. Alors lorsque Aharon Appelfed décède, Valérie Zenatti en est forcément bouleversée. Elle part en Israël, où elle cherche à retrouver sa voix, et regarde d’anciennes vidéos de l’écrivain. Mais cela ne suffit pas. Elle fera le chemin jusqu’à Czernowitz, aujourd’hui en Ukraine, la ville natale de l’écrivain. Un pèlerinage le 16 février 2018, le jour de l’anniversaire de l’auteur.

Le 1e février dernier, Valérie Zenatti était présente à la librairie Atout Livre (ma librairie chérie dans le 12e arrondissement) pour parler de « Dans le Faisceau des Vivants » et de son travail de traduction pour Aharon Appelfeld. On percevait non seulement toute l’admiration qu’elle éprouvait pour l’auteur hébreu qu’elle a côtoyé pendant 15 ans mais aussi toute l’émotion encore latente à parler de lui. D’ailleurs Valérie Zenatti ne souhaite plus que se consacrer à la traduction des livres d’Appelfeld (il en reste encore 30, de cet auteur prolifique qui n’ont pas encore été traduits), entre l’écriture de ses propres romans. Romans qu’elle a avoué n’écrire que lorsque l’histoire, le sens et la musicalité s’y prêtaient. Ce qui fait que chaque nouveau livre de Valérie Zenatti est un événement littéraire en soi (il s’était passé 4 ans depuis la sortie du sublime « Jacob, Jacob »).

« Dans le Faisceau des Vivants » est un roman très personnel, empreint de beaucoup d’émotions. Comme toujours, il y a cette écriture de Valérie Zenatti. Belle, profonde, juste. Il y a ces mots simples qui courent sur les pages, ces longues phrases poétiques avec ces déliés, ces arabesques. Oui il y a cette musicalité, et cette justesse profondément touchante. Parce que le sujet la met directement en avant, et qu’elle s’en empare avec transparence, toute entière. Elle parle de l’homme qu’était Appelfeld, de son histoire et de ses traumatismes, de son rapport à l’écriture et aux mots. Elle parle aussi de son parcours pour être présente une dernière fois pour l’homme qui a tant compté dans sa vie, les anecdotes de son passage par Czernowtiz pour marcher dans ses pas et lui dire définitivement au revoir. Comme si la boucle était bouclée. Pour Valérie Zenatti, « Dans le Faisceau des Vivants » n’est pas un hommage. Pour nous, c’est le partage d’une amitié, une ode à l’écriture et à la musicalité d’une langue qu’ils partagent tous les deux, et qu’ils ont apprise au même âge : l’hébreu.

« Dans le Faisceau des Vivants » de Valérie Zenatti est disponible aux éditions de l’Olivier.
155 pages. Janvier 2019.

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