La Splendeur des Amberson

CE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Une petite ville du Middle West dans les années 1870, Isabel Amberson, est courtisée par deux hommes : Eugene Morgan, un bricoleur plein d’imagination, un rien farfelu et Wilbur Minafer, un jeune homme d’affaires assidu au culte du dimanche, qui est tout sauf un rigolo. Isabelle choisit d’épouser Wilbur dont elle aura un garçon. Devenu un jeune homme celui-ci se révèle vite arrogant, plein de morgue, insupportable. Seule une personne semble pouvoir lui résister, Lucy, la fille d’Eugene Morgan.

« La Splendeur des Amberson », c’est un peu grandeur et décadence à l’ère du progrès (ici il est beaucoup question d’automobile) pour une famille qui se pensait au dessus de tout et de tous. Et si la nouvelle génération, incarnée par le jeune George Minafer Amberson, à l’arrogance insupportable depuis l’enfance, pense que cette situation ne changera jamais, elle a de quoi être déçue… et voir ses aspirations à la baisse. Car dans ce récit, aux allures de roman dans la pure tradition anglaise, l’auteur s’amuse de la situation de ses personnages, qu’il croque avec un certain plaisir. On y croise ainsi une mère Isabel, aveugle aux caprices de son rejeton, une jeune prétendante, Lucy, amoureuse mais peu encline à se marier ou encore un ancien amour, Eugène, rabaissé mais à la fortune grandissante, qui pourrait lui valoir de nouvelles considérations. Tarkington, au style subtil navigue entre le style austenien pour l’hypocrisie de classe (l’ironie en moins) et fitzgeraldien pour l’ambition des moins fortunés et la frivolité des nantis.

L’ensemble se lit avec beaucoup de plaisir, évoquant avec sérieux les changements liés au XXe siècle et son tournant pour ces vieilles riches familles qui n’ont pas su suivre son évolution. Car cette splendeur des Amberson, qui a illuminé une petite ville du Midland pendant des décennies, n’est pas éternelle. Et celui qui en connaitra les affres est certainement celui qui s’est comporté avec le plus d’insolence avec les autres : George Minafer. Mais outre les succès et insuccès liés à la fortune, il y a aussi ceux qui sont liés aux histoires de cœur. Tarkington joue une fois encore avec ses personnages, avec une certaine cruauté. Car il y a ceux qui cachent leurs sentiments derrière une indifférence de façade, ceux qui ont trop le souci des étiquettes pour succomber, ceux qui écoutent plus la raison que leur cœur. Et au final, il y a plus de souffrances et de blessures que de vies heureuses. Si la fin est un peu décevante par rapport au reste du roman, il n’est pas à douter que ce roman, qui a reçu le Prix Pulitzer en 1919, mérite qu’on s’y attarde. Et je remercie ma binomette Galéa pour cela :)

« La Splendeur des Amberson » de Booth Tarkington est disponible aux éditions Libretto.
311 pages. Edition de janvier 2017.

« La Splendeur des Amberson » a reçu le Prix Pulitzer 1919.

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