Le Chant des Revenants

Jojo a 13 ans. Il vit chez ses grands-parents, avec sa petite sœur Kayla et sa mère Léonie. Son père, Michael, est emprisonné au pénitencier d’Etat. Léonie trouve du réconfort dans la drogue, un moyen aussi de voir son frère tué alors qu’il était adolescent, par le cousin de Michael. Malgré le drame, Léonie et Michael s’étaient rapprochés, même si la famille de ce dernier, qui n’a jamais accepté que leur fils blanc, soit en couple avec une femme noire, les avait rejetés. Quand Michael est sur le point d’être libéré, Léonie embarque ses enfants dans un voyage pour aller le retrouver.

Quand on lit « Le Chant des Revenants » de Jesmyn Ward, on ne peut s’empêcher de penser au « Beloved » de Toni Morrison. Les deux récits ont en effet en commun la dénonciation de l’esclavage et du racisme aux Etats-Unis, une poésie dans l’écriture, un certain sens de l’abstrait, et bien sûr une part plus fantasmagorique. Malgré les qualités que je perçois dans ces deux romans, à chaque fois je suis passée complètement à côté. Peut-être parce que je ne les ai pas lus au bon moment et que j’avais du mal alors à me concentrer sur ces lectures exigeantes, qui demandent de la patience, et une prise de recul également pour laisser le propos infuser. Ou peut-être que je reste plus hermétique à la partie plus fantastique de ces récits, m’empêchant vraiment de me plonger dedans.

Pourtant, j’ai été touchée par l’histoire de Jojo, qui du haut de ses 13 ans, doit agir comme l’homme de la maison, et joue le rôle de père auprès de sa petite sœur Kayla. Parce que le vrai est absent. Et parce que sa mère, même si elle est présente physiquement, elle ne l’est pas vraiment mentalement. Jamais il ne l’appelle « maman » d’ailleurs, comme si à son jeune âge, Jojo avait déjà compris qu’elle ne pourrait jamais endosser ce rôle et que c’était à lui de le faire. D’ailleurs la relation de profonde confiance qu’ont Kayla et Jojo, démontre bien que Léonie a créé une barrière avec les siens. Plus difficile en revanche de s’attacher à Léonie, qui semble plus évanescente, plus difficile à capter. Certains passages du livre, un peu trop longs (comme celui où Kayla est malade en voiture, m’a semblé interminable) font perdre un peu d’impact, car ils peuvent diluer l’intérêt du lecteur. Il n’en reste pas moins que le propos général du roman est puissant et mérite que l’on s’y intéresse.

« Le Chant des Revenants » de Jesmyn Ward est disponible aux éditions Belfond.
272 pages. Février 2019.

« Le Chant des Revenants » fait partie de la sélection du mois de mars du Grand Prix des Lectrices ELLE 2019.

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2 réflexions sur “Le Chant des Revenants

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