Lucia, Lucia

CE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
New York, 1950. À vingt-cinq ans, Lucia Sartori est certainement la plus jolie fille du quartier. L’après-guerre a ouvert de nombreuses possibilités aux jeunes femmes ambitieuses, et Lucia vient de commencer comme apprentie couturière au très chic grand magasin B. Altman sur la 5e Avenue. Son père, qui a brillamment réussi dans les affaires et tient l’épicerie fine italienne la plus réputée, l’a toujours encouragée dans ses ambitions, mais les traditions sont tenaces…
Fiancée à son amour d’enfant, l’inébranlable Dante DeMartino, Lucia est déchirée lorsqu’elle rencontre un bel inconnu qui lui promet une vie de luxe dans les beaux quartiers, une vie comme elle n’en lit que dans les magazines. Forcée de choisir entre sa famille et ses rêves, Lucia se retrouve au centre d’un scandale qui révélera des secrets enfouis. L’honneur des Sartori est en jeu…

J’avais découvert l’univers d’Adriana Trigiani en 2015 avec le Prix des Lecteurs de POINTS et j’avais été séduite par l’histoire romanesque de jeunes Italiens tentant leur chance à New York au début du siècle. L’ensemble était touchant, avec ses personnages pour lesquels on éprouvait immédiatement de l’empathie : ils nous ont fait sourire, ils ont parfois été agaçants, souvent attendrissants, et définitivement leur histoire nous avait fait passer un très bon moment de lecture. Trigiani, fidèle à ses origines, base une nouvelle fois son intrigue dans la communauté italienne des Etats-Unis, mais cette fois dans le New York de l’après-guerre. Si le filon reste le même, ici je n’ai pas retrouvé le même souffle. Les personnages me semblent plus stéréotypés : la mama qui cuisine à la perfection et qui protège sa famille, le papa dur mais juste, les frères turbulents mais prêts à en découdre au moindre affront, la belle-sœur timide… Et le personnage principal me semble moins fort. Si Lucia Sartori est une jeune femme moderne qui souhaite acquérir son indépendance grâce à son métier de couturière qu’elle adore, elle n’en reste pas moins un peu fade dans sa vie de femme. Je regrette que l’auteur n’ait pas travaillé davantage sa psychologie et qu’elle la fasse tomber entre les mains d’un jeune homme riche, trop parfait et trop lisse pour sembler complètement honnête. Les personnages secondaires, comme le chef d’atelier Delmarr, sont bien plus intéressants et excentriques, mais leur rôle reste assez peu exploité.

On passe un agréable moment à lire ce récit, mais nulle surprise, tant les différents rebondissements nous semblent cousus de fil blanc. A cela s’ajoute un autre point qui m’a dérangée dans ma lecture et que je n’avais pas remarqué dans « L’Italienne » (peut-être parce que j’avais été davantage prise dans les péripéties de l’histoire) : le style de l’auteur. Je ne sais pas si c’est la narration à la première personne et au présent qui me donne cette impression, mais l’écriture me parait plate, voire simpliste. Il y a peu de recherche dans les structures de phrases et dans le vocabulaire employé. L’ensemble parait alors bâclé, écrit à la va-vite, et le fait que l’intrigue manque d’originalité pourrait corroborer ce point. Pourtant, tous les ingrédients étaient présents pour en faire une réussite : la question de l’indépendance des femme dans les années 50, la communauté italienne à New York, le monde de la mode et bien sûr une histoire d’amour qui aurait pu nous faire fondre. Dommage.

« Lucia, Lucia » d’Adriana Trigiani est disponible aux éditions Points.
Juin 2018.

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