L’Ecliptique

l'ecliptiqueElspeth Conroy est artiste peintre, nouvelle chouchoute de la scène londonienne, alors que les années 1960 débutent. Mais suite à plusieurs épreuves, la jeune femme perd pied et n’arrive plus à trouver l’inspiration sans l’aide d’anti-dépresseurs. Jusqu’au jour où son mentor, Jim Culvers, se rend compte que cela ne suffit plus et qu’elle a besoin d’un autre type d’aide. Il lui donne alors des informations confidentielles, pour qu’elle se rende dans un sanatorium, sur une île au large de la Turquie. Là, Elspeth, désormais appelée Knell, reprend goût à l’art et à la vie. Mais l’arrivée d’un jeune garçon, au destin tragique, ne tarde pas à la questionner sur sa vie et à son approche de la peinture. L’occasion pour la jeune femme de repenser à son passé et à ce qui l’a conduite à cet endroit.

Après « Le Complexe d’Eden Bellwether » où il évoquait les pervers narcissiques (entre autres sujets), Benjamin Wood est de retour avec un roman évoquant l’art et les maladies mentales. Il approfondit une nouvelle fois la psychologie de ses personnages, pour sonder les profondeurs de l’âme humaine. Il le fait en mettant en scène à la première personne une jeune peintre écossaise, Elspeth Conroy, dont la renommée soudaine masque un manque de confiance en elle et une certaine fragilité. Fragilité plus profonde que ce que l’on pourrait penser au premier abord, et qui se fait jour au cours d’un flashback particulièrement long et passionnant. En effet, si Wood débute son récit dans cette résidence pour artistes où le temps semble être suspendu, c’est cette partie consacrée à Elspeth Conroy qui m’a le plus intéressée. L’auteur se met en effet dans la peau de la jeune femme et évoque ses tourments avec une facilité déconcertante. Il rend son histoire particulièrement touchante et réaliste. Sa maîtrise du vocabulaire de la peinture rend l’ensemble particulièrement convaincant, et nous fait plonger dans la scène artistique des années 1960 à Londres.

Si la partie relative au « sanatorium pour artistes » m’a moins plu, il n’empêche que la façon de l’auteur de travailler le final est particulièrement bien trouvée. Difficile d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue, mais cela m’a fait penser à un certain roman de Dennis Lehane. J’ai d’abord eu des réserves quant au procédé à la lecture, le trouvant trop facile. Mais ensuite, en voyant le chemin que l’auteur prenait, j’ai trouvé le processus particulièrement intelligent, et il en découle une intrigue particulièrement fine et bien ficelée. Il est alors difficile de ne pas adhérer à l’histoire, dont chaque pièce semble être assemblée avec une maîtrise sans faille, à la façon des diptyques constitués par Elspeth Conroy. Une nouvelle fois, Benjamin Wood enchante par la profondeur de son sujet, sa connaissance de ses personnages et des failles qui les enchainent. Son roman est foisonnant et riche, avec une plume particulièrement agréable. On plonge dans ce récit, particulièrement addictif et dont l’intrigue nous pousse à tourner chaque page pour en connaitre le dénouement. Il est certainement moins profond que son précédent roman, mais il serait vraiment dommage de bouder son plaisir. L’auteur fait l’économie des sujets mais c’est pour mieux les maitriser. Et à ce jeu-là, il est certainement le plus fort.

« L’Ecliptique » de Benjamin Wood est disponible aux éditions Robert Laffont.
Août 2017. 504 pages.

« L’Ecliptique » fait partie de ma sélection pour le Mois Anglais, organisé par Martine et Lou.

2 réflexions sur “L’Ecliptique

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