Une Place à prendre

A Pagford, petite ville dans la campagne anglaise, quand Barry Fairbrother décède brutalement, toute la petite communauté est en émois. Non seulement parce que sa mort est tragique mais pour certains citoyens, parce que sa place au conseil paroissial est désormais vacante. Et que nombreux sont ceux à vouloir s’y positionner. Mais à Pagford, les secrets sont nombreux, tout comme les jalousies et les hypocrisies.

Après la saga « Harry Potter », J.K.Rowling s’est essayée au roman pour adultes. Avec moins de succès que pour le petit sorcier, ce qui a pu la motiver pour prendre le nom de plume de Robert Galbraith pour ses tentatives suivantes. Il est vrai que la lecture de « Une Place à prendre » a pu en dérouter beaucoup, tant l’univers est bien différent de ce qu’elle avait pu écrire auparavant, et tant la satire est féroce. En effet, la noirceur, qui prenait de plus en plus de place dans « Harry Potter » à mesure que son combat contre les forces du mal atteignait son point culminant, démontrait déjà à ses lecteurs la cruauté de notre monde et de certaines âmes qui la peuplent. Mais cela était fait sous le couvert d’un monde « imaginaire », avec lequel il était plus facile de prendre du recul. Ici on entre de plein fouet dans la réalité, on peut totalement identifier les habitants de Pagford à ceux de n’importe quelle ville. Et le constat est amer.

S’il est difficile de s’attacher à ce roman de prime abord et si la lecture peut être parfois rébarbative, c’est non seulement parce que l’histoire peine à démarrer et s’étire, mais aussi parce que presque aucun des personnages ne trouve grâce aux yeux du lecteur. A différents niveaux, ils sont tous égocentriques, médisants, violents, lâches, motivés par leurs propres intérêts, entre autres traits de caractères tout autant sympathiques. Mais ils sont surtout malheureux, à cause de leurs choix, ou des personnes auxquelles ils ont voulu faire confiance. Au final, la satire est cruelle, mais est-elle si éloignée de la réalité ? Car J.K.Rowling décortique les comportements et analyse finement les différentes personnalités. A tel point que tous les protagonistes sont parfaitement croqués, jusque dans les dialogues ; ils nous semblent si réels. L’ensemble est noir, avec peu d’éclaircies à l’horizon, souvent cruel et virulent. Il ne laisse pas indifférent. Difficile de dire si on a aimé ou non, tant la critique est acerbe. Mais elle a le mérite de faire réfléchir.

« Une Place à prendre » de J.K.Rowling est disponible aux éditions Le Livre de Poche.
792 pages. Octobre 2013.

« Une Place à prendre » fait partie de ma sélection pour le Mois Anglais, organisé par Martine et Lou.

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2 réflexions sur “Une Place à prendre

    • Oui moi aussi je ne l’ai pas lu pendant des années. A vrai dire, je ne suis pas vraiment convaincue. Je préfère largement quand elle tente le roman policier sous le pseudo de Robert Galbraith ;)

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