Emily

Emily est veuve, et vit seule, loin de ses enfants. Heureusement, il y a Arlène, sa belle-sœur pour lui tenir compagnie. Et puis elle s’occupe, entre la musique, les musées et les brunchs au Eat’n’Park. Avec Arlène justement. Elle est en bonne santé, et ne manque de rien. En attendant la visite de sa famille et les grandes vacances qu’elle prépare avec minutie, elle gère le quotidien.

Originaire de Pittsburgh, Stewart O’Nan utilise le cadre de cette ville qu’il connait bien pour suivre le quotidien d’Emily Maxwell, vieille dame de 80 ans, qui se retrouve seule dans sa grande maison, avec son chien, suite au décès de son époux. Ses enfants ont quitté le nid depuis bien longtemps, aussi les journées passent, entre tâches quotidiennes, attente des prochaines vacances où elle pourra voir ses petits-enfants ou encore des virées au restaurant du coin avec sa belle-sœur, Arlene. « Emily » c’est le récit de la solitude des personnes âgées, où O’Nan prend le temps de décrire les mouvements, les pensées, les attitudes. Emily est touchante mais aussi parfois agaçante. Elle peut être stricte, têtue, un peu pingre, autoritaire. Mais Emily est surtout habituée à être seule, et a donc appris à se faire passer en priorité par rapport aux autres. Emily nous rappelle alors les comportements de nos grands-parents, avec leurs qualités et leurs défauts, mais aussi nous permet de mieux les comprendre.

Une nouvelle fois, Stewart O’Nan fait preuve d’une belle psychologie pour raconter ses personnages, et montrer la face réaliste de l’Amérique. Car ici, il n’est pas question de strass et de paillettes, ou encore moins de quotidien spectaculaire. La force de l’auteur, c’est justement de se glisser dans les chaussons de ses personnages et de nous dévoiler les aspects d’une vie ordinaire. Oui bien sûr, c’est parfois lent et redondant. Mais comme la vie finalement. Avec peu, O’Nan raconte une vie, une personnalité. A laquelle on s’attache ou non. Il n’en reste pas moins qu’il écrit un beau portrait de femme. Une femme battante, avec ses accès de nostalgie, mais qui n’en demeure pas moins ancrée dans le présent et même l’avenir. Les vacances en famille, qu’elle prépare avec minutie et une certaine pointe d’orgueil, font partie de ces événements qui lui permettent d’attendre les lendemains avec plus de sérénité. « Emily » n’est pas parfait, mais c’est un livre qui se fait le miroir de la vie.

« Emily » de Stewart O’Nan est disponible aux éditions Points.
384 pages. Mai 2013.

2 réflexions sur “Emily

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