Une Joie féroce

une joie féroceJeanne a 39 ans. Elle est douce et appréciée de tous, un peu réservée. Son métier de libraire à Paris la passionne. Heureusement, car elle vit avec son mari Matthew une relation compliquée depuis la perte de leur fils. Un jour Jeanne apprend qu’elle a un cancer du sein. Une épreuve qu’elle va devoir vivre seule, Matthew s’éloignant davantage d’elle. Elle pourra compter sur Brigitte, Assia et Mélody qu’elle rencontre au cours de sa chimiothérapie, pour se battre contre la maladie mais aussi s’affirmer et démontrer sa force de caractère.

Dans les Rentrées Littéraires, il y a les années paires et les années Chalandon. Lors de ces dernières, c’est forcément vers le nouvel opus de Sorj Chalandon que je me dirige en premier chez mon libraire et que je dévore d’une traite une fois rentrée chez moi. « Une Joie féroce » n’y fait pas exception. Et pourtant, je dois l’admettre, j’ai été déçue, pour la première fois depuis bien longtemps par un roman de cet auteur (moi qui place « Retour à Killybegs » et « Mon Traitre » parmi mes chouchous absolus). Bien sûr, on reste toujours submergé par la plume de Chalandon : percutante, à la fois simple mais bouleversante dans ses phrases minimalistes et épurées. Des phrases comme des coups de poing. Contre l’abandon et la maladie pour mieux les combattre. Bien sûr, il croque les émotions et les sentiments comme personne. Bien sûr les passages où il parle de la maladie de Jeanne sont intenses et d’un réalisme poignant (la maladresse des mots et des regards, la froideur de certains médecins, la bonté d’autres, le défaitisme et les lueurs d’espoir de Jeanne, sa rébellion et ses coups de sang…). Bien sûr il y a du très bon dans ce roman. Et en fil rouge dans son œuvre, il y a aussi le thème récurrent du mensonge, de la confiance perdue, de cette désillusion qui brise, et qu’il traite toujours avec authenticité et pudeur.

Mais il y a aussi cette partie de l’histoire complètement surprenante, qu’il installe dès le prologue. Oui, ce début accroche le lecteur. Mais plus on avance dans le récit et plus l’ensemble manque de crédibilité. Là où Chalandon aurait pu nous embarquer dans des beaux portraits de femmes et développer ses personnages (car au final, à part Jeanne, on a du mal à s’attacher aux autres), il choisit de prendre un autre chemin. Il choisit en plus d’amener dans son récit un twist final, que l’on attendait pas, certes, mais qui rajoute finalement une couche supplémentaire à cette impression qu’il en fait trop. C’est donc une lecture en demi-teinte pour commencer cette Rentrée Littéraire. De Chalandon, j’en attendais plus, forcément. Le sujet central qu’il avait choisi était suffisamment fort et sensible pour qu’il en fasse un superbe roman. Je n’ai pas été convaincue par le virage qu’il a pris. Alors, rendez-vous dans 2 ans pour son nouvel opus !

« Une Joie féroce » de Sorj Chalandon est disponible aux éditions Grasset.

312 pages. Août 2019.

Une réflexion sur “Une Joie féroce

  1. Pingback: La rage de vivre (Une joie féroce, Sorj Chalandon) – Pamolico : critiques, cinéma et littérature

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